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Quatre indicateurs valent mieux que quarante

Chez Ste Jackie Sarl, je produisais un rapport mensuel de douze pages que personne n'ouvrait vraiment. Ce n'était pas un problème de qualité des chiffres, mais de nombre.

Lecture · 5 min

Un dirigeant ne lit pas un tableau de deux cents lignes. Il veut savoir, en dix secondes, si le mois est bon et où ça coince. Tout ce qui dépasse cette promesse le renvoie à son intuition — c'est-à-dire à la situation qu'on cherchait à corriger.

Comment choisir les quatre

Un indicateur mérite la tête de page s'il répond oui aux quatre questions suivantes. Trois oui ne suffisent pas.

  • Quelqu'un décide-t-il quelque chose en le lisant ? Si la réponse est « c'est intéressant à savoir », ce n'est pas un indicateur de pilotage, c'est une donnée d'archive.
  • Sait-on le recalculer à la main ? Un chiffre dont personne ne sait reconstituer la formule sera contesté au premier résultat déplaisant, et il aura raison de l'être.
  • Bouge-t-il assez pour être lu ? Un indicateur stable au dixième près sur douze mois n'a pas sa place en tête de page. Descendez-le au second niveau.
  • A-t-il une contre-métrique ? Un chiffre qu'on peut améliorer en dégradant autre chose doit toujours voyager avec son garde-fou.

Le cas concret

Pour Ste Jackie Sarl, les quatre retenus ont été le chiffre d'affaires par période, les encours clients classés par ancienneté, le volume d'achats, et les matériels en circulation. Tout le reste — répartition par client, détail des prestations, historique — est passé en second niveau, accessible en un clic.

IndicateurDécision qu'il déclencheContre-métrique
Chiffre d'affairesRelancer la prospection ou nonMarge par prestation
Encours clients par anciennetéLancer une relance cibléeNombre de clients relancés deux fois
Volume d'achatsRenégocier ou changer de fournisseurRuptures de matériel
Matériels en circulationDéclencher un inventaireInterventions retardées

La décision la plus utile

Refuser d'ajouter un cinquième indicateur tant que les quatre premiers ne sont pas consultés chaque semaine.

Les demandes d'ajout arrivent toujours, et elles sont toujours légitimes prises une par une. Le coût n'est jamais dans l'indicateur ajouté : il est dans l'attention qu'il retire aux autres. Un tableau de bord qui grossit est un tableau de bord qui redevient un rapport.

Aller plus loin

Vous voulez appliquer cette méthode à vos propres données ?

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